Cornichons suris croquants comme en Europe centrale
C’est
la saison des cornichons ! On commence à les récolter dans le
jardin depuis le début juin, ou bien on les trouve sur les marchés.
C’est le moment de les mettre en bocaux. Mais pas au vinaigre ! On les
fait fermenter, comme autrefois, pour conserver toutes leurs vitamines
et les enrichir en nutriments.

Fermentation : 7 jours à température ambiante puis entre 15 et 25°C
Prêt à consommer : après 2-3 semaines
Conservation : plusieurs mois
Pour 1 bocal de 1 litre :
700 g de cornichons
15 g de gros sel de mer sans additifs + 1 cuil. à café de sucre
50 cl d’eau non chlorée (et calcaire de préférence)
Aromates au choix : échalote, petits oignons blancs, gousses d’ail,
graines de coriandre, de moutarde, de poivre noir, brins de thym,
laurier, estragon, aneth, persil plat, piment.
Ayez des petits cornichons très frais et
fermes qui viennent d’être cueillis. Rincez-les à l’eau claire, puis
épongez-les dans un torchon pour enlever la terre et le duvet qui les
recouvre.
Dans le même temps, faites bouillir
l’eau destinée à faire la saumure, faites y dissoudre le sel et le
sucre, et laissez refroidir. Ainsi si votre eau était chlorée, le chlore
va disparaître.

Remplissez le bocal avec les cornichons
bien égouttés, en laissant le moins d’espaces possibles. Ajoutez les
aromates choisis en les intercalant entre les légumes. Remplissez
avec la saumure à peine tiède. Fermez hermétiquement. Laissez fermenter
une semaine à température ambiante avant de mettre au frais.
Le liquide va se troubler après quelques
jours, devenir blanc et laiteux, puis vous verrez des bulles qui
remontent rapidement à la surface : c’est signe que cela fermente bien.
Ne vous inquiétez pas, le liquide redeviendra clair après plusieurs
jours. Un dépôt blanc tout à fait normal va retomber au fond. Vous
pourrez manger ces cornichons au minimum après 2 à 3 semaines de
macération.
Prélevez toujours les légumes avec une
pince ou une fourchette propre, jamais avec les doigts, et ne remettez
jamais dans le bocal un légume qui en aura été extrait. Ceci pour éviter
que le liquide se trouble et que des moisissures apparaissent.
A l’ouverture du bocal, vous allez
entendre un pschitt, signe que tout va bien. Et ensuite, vous allez
sentir le délicieux parfum des cornichons et des aromates. A la
dégustation, ils seront acidulés comme s’il y avait du vinaigre.
Indispensable pour avoir des cornichons croquants , efficacité à 100 % si vous respectez ces trois consignes :
1°) Avoir des cornichons très frais qui viennent d’être récoltés
S’ils attendent plus de 24 heures après
la cueillette, ils seront mous, quoi que vous fassiez. Cette première
condition est donc indispensable.
2°) Retirer la cicatrice de la fleur
À l’opposé du pédoncule, là où se
trouvait la fleur du cornichon, se trouve un petit rond brun, c’est la
cicatrice de la fleur. À cet endroit se trouveraient des enzymes qui,
durant la fermentation, vont digérer la chair du légume, qui sera donc
toute molle. je sais, ça a l’air étrange, mais j’ai essayé : le résultat
est là, pour l’instant j’ai eu 100 % de réussite.
3°) Verser la saumure chaude (au lieu de « à peine tiède »)
Faites bouillir l’eau et le sel, puis
versez cette saumure dans les bocaux. L’eau va refroidir tout doucement,
et quand les cornichons sont chauffés à 70 °C, cela active une enzyme
qui ponte les pectines des parois cellulaires, ce qui empêche les
cellules de s’hydrolyser. Et rend les cornichons plus croquants.
Autres conseils complémentaires mais utiles.
4°) Faire la fermentation à une température pas trop élevée
S’il fait très chaud, la fermentation
ira plus vite et la chair des cornichons sera plus vite digérée par les
bactéries. C’est vrai, mais ça ne suffit pas et ne servira à rien si
vous n’avez pas respecté les premières consignes.
5°) Ne pas diminuer la quantité de sel
Les fermentations avec peu de sel
rendent les légumes mous. Idem : c’est vrai, mais ça ne suffit pas et ne
servira à rien si vous n’avez pas respecté les premières consignes.
6°) Ajouter des tannins
Qui auraient la particularité de
raffermir les tissus. Ces tannins seront sous la forme d’une ou
plusieurs feuilles de vigne, de chêne, de cassis, de cerisier. On place
une feuille au fond du bocal. En suite on prie Saint Cornichon et on va
faire trois génuflexions en tournant dans le sens inverse du soleil, on
essaie aussi les sacrifices humains, parce que selon moi, cette
cinquième consigne n’a jamais prouvé son efficacité.